Compagnon familier de nos intérieurs, le chat n’a pas toujours ronronné au coin du foyer. Dans l’Antiquité, il jouit pourtant d’un prestige certain. Chasseur de rongeurs, protecteur des greniers, il est même divinisé en Égypte, où la déesse Bastet incarne sa puissance protectrice. Mais cette image flatteuse va se fissurer en Europe à partir du Moyen Âge.
Au XIIIᵉ siècle, un tournant s’opère. En 1233, le pape Grégoire IX publie la bulle Vox in Rama, qui associe certains rituels hérétiques à la figure du chat noir. L’animal, nocturne et silencieux, devient suspect. Ses yeux brillants dans l’obscurité sont interprétés comme des lueurs infernales. On l’accuse de participer aux sabbats, d’incarner le démon ou d’en être le serviteur.
ans une société imprégnée de symbolisme religieux, le chat cristallise les peurs. Sa sexualité jugée « excessive », son indépendance, son activité nocturne nourrissent un imaginaire diabolique. Peu à peu, il disparaît des représentations sculptées ou peintes qui ornaient autrefois édifices et manuscrits.
Le chat et la peste : un coupable idéal
Au XIVᵉ siècle, lorsque la peste noire ravage l’Europe, la recherche de responsables s’intensifie. Le chat, déjà mal vu, devient un bouc émissaire. On le massacre, pensant freiner la contagion. Ironie tragique : en réduisant le nombre de prédateurs naturels des rats, on favorise la prolifération des rongeurs, principaux vecteurs des puces infectées.
La mécanique du soupçon se renforce encore à la fin du XVᵉ siècle. En 1484, le pape Innocent VIII promulgue la bulle Summis desiderantes affectibus, qui soutient la lutte contre la sorcellerie. Le climat d’Inquisition attise les violences symboliques : lors de certaines fêtes, notamment celles de la Saint-Jean, des chats — surtout noirs — sont brûlés ou suppliciés.
Instrument des guerres religieuses
Au XVIᵉ siècle, les déchirements confessionnels prolongent cette hostilité. En Angleterre, sous Marie Ire d’Angleterre, des chats sont brûlés comme symboles de l’hérésie protestante ; sous Élisabeth Ire, ils deviennent, inversement, emblèmes honnis du catholicisme. L’animal sert de support aux haines religieuses.
En France, la figure la plus célèbre liée à cette aversion reste Henri III. Le dernier des Valois, sacré en 1575, aurait nourri une véritable félinophobie. Selon des témoignages de cour, il interdisait les chats dans son entourage et faisait abattre ceux qu’il croisait. Des chiffres spectaculaires — jusqu’à 30 000 animaux tués sur son ordre — circulent dans certaines sources, même si les historiens invitent à la prudence face à ces évaluations souvent issues d’écrits hostiles au souverain.
"Chat frappant une cymbale" tiré d'un manuscript du 13ème siècle
(Walters Ms. W.102, Book of hours - The Walters Art Museum)
La réhabilitation progressive
Il faut attendre la fin de la Renaissance et l’époque moderne pour que l’image du chat s’adoucisse. La rationalisation des savoirs, le recul des grandes chasses aux sorcières et l’évolution des sensibilités urbaines contribuent à sa réhabilitation.
De dieu protecteur à suppôt de Satan, puis simple animal de compagnie, le chat traverse ainsi l’histoire européenne comme un miroir des peurs collectives. Son destin rappelle combien les représentations symboliques peuvent transformer un allié domestique en ennemi imaginaire.
Gravure égyptienne datant du 12ème siècle avant J.-C. (musée de Brooklyn (New York)
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Henri III, le félinophobe
En France Le roi Henri III, sacré en 1575, aime ses Mignons outrageusement fardés et fanfreluchés mais il a horreur des chats. Il souffre de félinophobie. Il interdit les chats à la cour et fait tuer par sa garde ceux qu’il risque de croiser lors de ses déplacements. Durant son règne, plus de 30.000 chats ont été abattus sur son ordre.
𝘕𝘰𝘯𝘯𝘦 𝘲𝘶𝘪 𝘷𝘦𝘶𝘵 𝘦́𝘤𝘩𝘢𝘯𝘨𝘦𝘳 𝘶𝘯 𝘱𝘰𝘪𝘴𝘴𝘰𝘯-𝘤𝘩𝘢𝘵 𝘤𝘰𝘯𝘵𝘳𝘦 𝘶𝘯 𝘱𝘦́𝘯𝘪𝘴 𝘵𝘦𝘯𝘶 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘢 𝘨𝘶𝘦𝘶𝘭𝘦 𝘥’𝘶𝘯 𝘤𝘩𝘢𝘵 - 𝘎𝘳𝘢𝘷𝘶𝘳𝘦 𝘯𝘦́𝘦𝘳𝘭𝘢𝘯𝘥𝘢𝘪𝘴𝘦, 1555 (𝘙𝘪𝘫𝘬𝘴𝘮𝘶𝘴𝘦𝘶𝘮 𝘈𝘮𝘴𝘵𝘦𝘳𝘥𝘢𝘮)
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