Quand on pense au règne de Louis XIV, on imagine immédiatement les dorures du Château de Versailles… et ces immenses chevelures bouclées tombant sur les épaules des courtisans.

La grande perruque du XVIIᵉ siècle est devenue l’un des symboles les plus célèbres de la monarchie française. Pourtant, cette mode spectaculaire trouve son origine dans une histoire beaucoup plus personnelle : celle de la chevelure du roi lui-même.

Louis XIV, détail d'une peinture de Philippe Vignon

La fierté capillaire du jeune roi

Dans sa jeunesse, Louis XIV est fier de ses cheveux naturels. Les témoignages de l’époque évoquent une chevelure châtain, épaisse et ondulée, qu’il porte longue selon la mode des jeunes nobles.

Cette crinière n’est pas seulement esthétique. Dans l’imaginaire politique du XVIIᵉ siècle, une chevelure abondante symbolise la vigueur, la jeunesse et la légitimité du souverain.

Le jeune roi refuse alors de porter une perruque complète. Tout au plus accepte-t-il quelques rajouts pour donner davantage de volume à sa coiffure.

1658 : la maladie qui change tout

Tout bascule en 1658. Après la victoire française lors de la Bataille des Dunes, le roi tombe gravement malade. Il souffre probablement d’une infection sévère, peut-être une forme de typhoïde.

Louis XIV survit de justesse, mais la fièvre et les traitements lui font perdre la quasi-totalité de ses cheveux.

Pour un monarque qui a fait de son image un instrument politique, c’est un véritable problème. Afin de préserver l’apparence de puissance et de jeunesse attendue d’un souverain, il se résout à porter une perruque de manière permanente.

Pour maintenir l’image majestueuse qu’il souhaite projeter, le roi adopte progressivement la grande perruque, aussi appelée perruque in-folio.

Elle obéit à plusieurs règles :

  • La hauteur : la perruque est volumineuse et s’élève sur le front, ce qui donne l’impression d’une silhouette plus grande et plus imposante.

  • La couleur : le roi privilégie souvent des cheveux sombres, refusant de paraître grisonnant.

  • La mise en scène : la perruque devient un accessoire essentiel de l’apparat royal.

Chaque matin, lors du cérémonial du Petit Lever, le roi passe de son bonnet de nuit à sa perruque de jour. Ce moment très codifié fait partie du rituel de cour. Seuls quelques courtisans privilégiés peuvent assister à cette transformation… et apercevoir brièvement le crâne dégarni du souverain.

Quand le complexe du roi devient une mode

À la cour, tout fonctionne par imitation. Parce que Louis XIV était chauve, toute la cour finit par l’être aussi. Si le roi porte une perruque, les nobles doivent faire de même.  Très vite, certains courtisans vont même jusqu’à se raser la tête volontairement pour mieux fixer leur perruque.

Ce mimétisme crée un marché gigantesque. Une perruque de qualité sous Louis XIV pouvait coûter plusieurs milliers de livres, soit l’équivalent du salaire annuel d’un artisan qualifié au XVIIᵉ siècle.
En 1673, Louis XIV fonde la corporation des barbiers-perruquiers, officialisant une profession devenue indispensable. Rien qu'au Château de Versailles, on compte près d’une cinquantaine de perruquiers au service du roi et de la cour.

Estampe d'un habit de barbier perruquier au XVIIè siècele

(gallica.bnf.fr/ Bibliothèque nationale de France)

Un marqueur social très visible

La perruque devient aussi un puissant signe de statut social.

Les plus luxueuses sont fabriquées avec des cheveux humains, soigneusement triés et montés sur filet. D’autres utilisent des poils de chèvre ou de cheval.

Le prix est considérable : une perruque de qualité peut coûter plusieurs milliers de livres, soit l’équivalent du salaire annuel d’un artisan.

La mode reste donc largement réservée aux élites. Les hommes sont les principaux utilisateurs : contrairement à une idée reçue, les femmes portent surtout des postiches et des coiffures volumineuses, mais rarement des perruques complètes.

Comme souvent sous Louis XIV, la mode française rayonne dans toute l’Europe.

Les cours de Londres, Vienne ou Berlin adoptent rapidement ces coiffures spectaculaires. Porter une grande perruque devient une manière d’afficher son appartenance à la haute société européenne.

La fin d’une mode

À la fin du règne du Roi-Soleil, les perruques deviennent progressivement moins monumentales. Sous Louis XV, elles sont plus petites et souvent poudrées de blanc, donnant aux visages un aspect très codifié.

Mais leur disparition définitive arrive avec la Révolution française. La perruque devient alors le symbole visible de l’aristocratie et des privilèges. Dans le climat révolutionnaire, mieux vaut afficher ses cheveux naturels.

En quelques années, cet accessoire omniprésent disparaît de la vie quotidienne.


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