Pourquoi l’histoire éclaire notre avenir

À première vue, l’histoire pourrait sembler tournée vers le passé, confinée aux bibliothèques, aux chronologies et aux récits d’époques révolues. Mais en réalité, elle nous parle directement du présent et, plus encore, de l’avenir. Dans un monde saturé d’informations, de crises et d’incertitudes, l’histoire demeure une boussole précieuse.

D’abord parce qu’elle nous apprend la complexité. Les sociétés humaines n’ont jamais avancé en ligne droite : elles se sont construites par tâtonnements, conflits, dialogues et métissages. Étudier les révolutions, les empires, les migrations ou les réformes, c’est comprendre que les choix collectifs ne sont jamais simples et qu’ils s’accompagnent toujours de conséquences inattendues. Cette conscience nous rend plus vigilants face aux promesses trop rapides de solutions miracles.

Ensuite parce que l’histoire nous arme contre l’oubli. Chaque génération est tentée de croire qu’elle vit une situation inédite : guerres, épidémies, bouleversements climatiques, mutations technologiques. Pourtant, l’histoire regorge de précédents. Les savoirs accumulés, les erreurs commises, les inventions politiques ou sociales expérimentées dans le passé constituent un réservoir d’expériences dont nous aurions tort de nous priver.

Mais l’histoire n’est pas seulement un musée des réussites et des échecs : elle est aussi un terrain de débats. Les manières d’interpréter le passé reflètent les enjeux du présent. Faire vivre l’histoire, c’est accepter la confrontation des mémoires, interroger nos héritages et reconnaître que l’avenir se joue aussi dans la manière dont nous comprenons ce qui nous précède.

Enfin, l’histoire est une école de liberté. Elle nous apprend que rien n’est écrit d’avance. Si les sociétés du passé ont su se transformer, parfois en brisant des évidences qui paraissaient indépassables, alors la nôtre le peut aussi. Connaître ces bifurcations, ces alternatives oubliées, c’est élargir le champ de ce que nous pensons possible.

C’est pour toutes ces raisons que nous ne nous limitons pas à raconter hier : Prohistoire veut offrir des clés pour demain. Car en observant le temps long, en relisant les traces laissées par celles et ceux qui nous ont précédés, nous pouvons mieux éclairer les choix à venir.

L’histoire n’est pas un refuge nostalgique : elle est une arme d’avenir.

 

Jacques Carles

L’oubli est la vraie mort des peuples. 

Maurice Halbwachs


A lire

La France née du baptême de Clovis " ; " Napoléon, ce tyran " ; " Les soldats de 1914 partis "la fleur au fusil' " ; " L'extrême droite fut seule à collaborer " ; " La gauche s'est opposée au vote des femmes " ; " La colonisation a largement profité aux colonisés ", etc. Autant d'idées reçues tenaces qui, berçant notre vision du passé, endorment nos vigilances. Que nous disent les mythes dont l'histoire de France est chargée ? Au service de quels intérêts ont-ils été forgés ?

France Fictions désosse vingt-six exemples concrets d'instrumentalisation du passé, du Moyen Âge à nos jours : vingt-six récits pour certains mythifiés, tous adossés à une part de réel, dont il est possible de retracer les origines.

Vingt-cinq historiennes et historiens de renom offrent ici un panorama clair et documenté des réécritures de l'histoire de France, exposant les outils des faussaires du passé, d'hier comme d'aujourd'hui, pour mieux leur résister. Un livre accessible, à l'ambition civique : restituer des pans du passé national dans toute leur complexité et rappeler qu'une démocratie vivante ne peut se construire sur des illusions commodes.
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