1814 : Quand les Cosaques campaient sur les Champs-Élysées


Le 31 mars 1814, après deux décennies de guerres napoléoniennes qui ont épuisé l’Europe, le vent de l’histoire tourne. Pour la première fois depuis l'époque médiévale, Paris voit une armée étrangère franchir ses portes. À la tête de cette coalition, un homme cristallise tous les regards : le Tsar Alexandre Ier.

Pendant deux mois, les Parisiens vont vivre une cohabitation étrange, faite de crainte, de curiosité et d'une surprenante séduction.

Alexandre 1er et les souverains alliés à Paris le 10 avril 1814
(tableau de Jean Zippel, 
Musée Carnavalet)

L'entrée triomphale : De la peur à la fascination

Qu’est-ce qui pousse en 1920 Isaac Ochberg, respectable et prospère homme d’affaires sud-africain, à entreprendre une expédition pour le moins aventureuse à des milliers de kilomètres au nord, dans l’Europe plongée dans les soubresauts sanglants des guerres civiles ? Sans doute, pour lui, les choses sont-elles simples : né Juif en Ukraine, il a eu la chance de fuir l’enfer qui lui était destiné pour aller vivre sous d’autres cieux. Cette chance, il veut la proposer à son tour aux plus vulnérables des enfants : les orphelins.  

   Isaac Ochberg voit le jour en 1878 en Russie, au sein d’une famille juive d’origine allemande forte de six enfants, dans la petite commune d’Ouman (de nos jours ukrainienne) située dans ce qu’on désigne alors sous le nom de « zone de peuplement »[1]. Créé par l’impératrice Catherine II en 1791, c’est un vaste espace qui s’étend de la Baltique à la mer noire, incluant l’Ukraine, la Lituanie, la Lettonie, la Moldavie, la Biélorussie, la Crimée et une partie de la Pologne. La situation des cinq millions de Juifs qui y vivent n’est guère enviable. Exclus de la fonction publique et de l’enseignement supérieur, ils se sont regroupés dans les quartiers de certaines villes ou dans de petits bourgs qu’on appelle des shtetls. La possession de terre leur étant interdite, ils y subsistent en pratiquant de petits métiers, commerce, artisanat, gestion de taverne mais aussi prêt sur gage, cette dernière activité suscitant le ressentiment du petit peuple orthodoxe qui n’est sorti du servage q

Des feux mal éteints

Le matin de l'entrée des troupes, l'ambiance est électrique. Les Parisiens, nourris par la propagande impériale, redoutent le pillage et la barbarie des « barbares du Nord ». Pourtant, c'est un spectacle de parade qui s'offre à eux.

Le Tsar Alexandre, monté sur un cheval gris nommé Eclipse (ironiquement offert par Napoléon quelques années plus tôt), défile en libérateur plutôt qu'en conquérant. Son objectif est clair : dissocier le peuple français du régime de Bonaparte.

Le bivouac des Champs-Élysées

Le contraste le plus frappant réside dans l'installation des troupes. Les Cosaques, figures mythiques et redoutées de l'armée russe, établissent leur campement sur les Champs-Élysées, qui n'étaient alors qu'une promenade boisée et boueuse.

  • Scènes de vie : On lave le linge dans les fontaines de la Concorde.

  • Cuisine de fortune : Des feux de camp grillent de la viande entre les arbres de l'avenue.

  • Baignades insolites : Les chevaux s'abreuvent et se baignent dans la Seine, au pied du Pont-Neuf, sous l'œil incrédule des badauds.

« On voyait ces hommes du Don, aux longues barbes, fumer tranquillement leur pipe devant leurs tentes, tandis que les élégantes Parisiennes venaient les observer comme une curiosité de foire. »

Les occupants sur les allées des Champs Élysées (Bibliothèque nationale de France)

« Le gant de velours du Tsar » : Une diplomatie de la séduction

Si les Prussiens brûlent d'envie de faire payer à Paris les humiliations subies à Berlin, le Tsar Alexandre Ier impose une tout autre vision. Pour lui, la chute de Napoléon ne doit pas être le début d'une agonie pour la France, mais celui d'une réconciliation européenne.

  • Le protecteur des arts : Dès son arrivée, le Tsar place des gardes devant le Louvre et les monuments publics pour éviter tout pillage. Il va jusqu'à visiter Joséphine de Beauharnais à la Malmaison, lui offrant sa protection impériale.

  • La discipline de fer : Pour gagner le cœur des Parisiens, Alexandre est intraitable avec ses troupes. Tout écart de conduite est sanctionné. Les soldats russes, loin d'être les "ogres" dépeints par la propagande, se révèlent être des clients polis qui paient leurs dettes dans les boutiques du Palais-Royal.

  • Le triomphe des salons : La noblesse russe, élevée dans la langue de Molière, s'intègre avec une aisance déconcertante. Les officiers fréquentent les théâtres et les cercles de jeu, où leur galanterie slave fait fureur. Paris, épuisée par la guerre, se laisse paradoxalement charmer par ses occupants.

« On ne saurait imaginer avec quel empressement les Parisiens couraient au-devant des alliés, » notera un témoin de l'époque. « On eût dit qu'ils rentraient de captivité et que les Russes étaient leurs libérateurs. »

L'héritage d'un printemps oublié

Le départ des Russes en juin 1814 laisse un souvenir ambivalent. Si le retour de la monarchie (Louis XVIII) ne soulève pas l'enthousiasme général, la courtoisie d'Alexandre a évité à Paris le sort de Moscou, incendiée deux ans plus tôt.

Le Tsar quittera la France après avoir fait célébrer une immense messe orthodoxe sur la place de la Concorde, là même où Louis XVI avait été guillotiné, comme pour refermer définitivement la parenthèse de la Révolution.


Les cosaques à Paris en 1814
(tableau de Georg Emanuel Opiz)

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