Si vous utilisez le mot assassin aujourd'hui pour désigner un meurtrier, sachez que vous invoquez, sans le savoir, l’une des légendes les plus mystérieuses du Moyen-Âge oriental. Loin d'être un simple synonyme de tueur, ce terme cache une histoire de forteresses imprenables, de manipulations politiques et... de substances illicites.
Le Vieux de la Montagne
Tout commence au XIe siècle, dans les montagnes de l’actuel Iran et de la Syrie. Une branche dissidente de l'islam chiite, les Nizariens, fonde une société secrète dirigée par le redoutable Hassan-i Sabbâh, surnommé le "Vieux de la Montagne"..
Face à des armées bien plus nombreuses, cette secte utilise une arme redoutable : l'élimination ciblée de chefs militaires et politiques. Leurs émissaires, d'une loyauté absolue, frappent en public, acceptant souvent leur propre mort pour accomplir leur mission.
Assassinat de Nizam al-Mulk au XIVè siècle
(Topkapi Palace Museum)
La légende des "Hashasheen"
Selon la légende — largement colportée plus tard par Marco Polo dans ses récits de voyage — le Vieux de la Montagne droguait ses jeunes recrues avec du haschich pour leur donner un avant-goût du paradis. Une fois revenus à la réalité, ils étaient prêts à tout, même au sacrifice ultime, pour retrouver cet état d'extase.
Le mot arabe hashasheen, qui signifie littéralement consommateurs de haschich , est à l'origine de notre mot "assassin". Les spécialistes d'aujourd'hui pensent qu'en réalité ce terme était surtout une insulte utilisée par leurs ennemis pour les discréditer, les traitant de marginaux ou de gens de peu de foi, plutôt qu'une description de leurs addictions et habitudes réelles.
Ruines d'Alamut en Iran, le berceau historique de l'ordre des Assassins, (CC BY-SA 3.0)
L'arrivée en Occident
Le mot s'est glissé dans la langue française au moment des Croisades. Les chevaliers chrétiens, de retour d'Orient, ramènent avec eux les récits terrifiants de ces « Assassini » qui frappaient dans l'ombre.
Le premier usage attesté du mot en français remplace le terme « murtrier » dans des écrits du XIIe siècle, mais avec une orthographe très variable : hassasis, axasis ou encore assacin.
Peu à peu, le terme a perdu sa connotation religieuse et géographique pour entrer dans le langage courant. Il a fallu attendre le XVIe siècle pour qu'il remplace définitivement des mots comme « meurtrier » dans l'usage juridique et littéraire français.
Siège d'Alamut (1256)
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Au Moyen Âge, durant deux siècles, la secte des assassins pratique l'assassinat politique sous toutes ses formes.
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