Un titre énigmatique, un œil coupé au rasoir, et un manifeste artistique qui fit scandale. Retour sur « Un chien andalou », le film culte de Buñuel et Dalí qui révolutionna le cinéma en 16 minutes… et sans le moindre toutou.

couverture du DVD du film (source : Amazon)

Paris, 1929. Dans une petite salle parisienne, un film de 16 minutes plonge le public dans l’effroi et la fascination. À l’affiche : Un chien andalou. Pourtant, aucune trace de canidé dans cette œuvre iconique. Alors pourquoi ce titre, et comment ce film est-il devenu un monument du surréalisme ?

Contrairement à ce que son nom suggère, le film ne raconte pas l’histoire d’un chien d’Andalousie. Le titre, imaginé par le réalisateur Luis Buñuel et son complice Salvador Dalí, relève d’une volonté délibérée de provocation et de mystère. Il puise son inspiration dans des insultes espagnoles – « chien andalou » désignant parfois une personne grossière – et dans l’univers poétique surréaliste où les images ne doivent rien à la logique. L’absence de chien prépare déjà le spectateur à lâcher toute attente narrative.

Buñuel et Dalí écrivent le scénario en une semaine, appliquant une règle simple : aucune idée ou image ne devait pouvoir s’expliquer rationnellement. Ils mélangent leurs rêves, leurs obsessions et leurs fantasmes. Le résultat ? Une suite de séquences hallucinantes : un œil tranché au rasoir, des fourmis grouillant dans une main, des pianos traînés par des ânes… Ces images, encore choquantes aujourd’hui, visaient à attaquer directement l’inconscient du spectateur et à briser les conventions du cinéma de l’époque.

À sa sortie, le film provoqua scandales et ovations. Certains spectateurs fuirent la salle, d’autres y virent la naissance d’un nouveau langage cinématographique. Près d’un siècle plus tard, Un chien andalou reste une référence absolue, étudié dans toutes les écoles de cinéma et d’art. Il a ouvert la voie à une forme de liberté créative totale, où l’image onirique et symbolique prime sur le récit.

Aujourd’hui, libre de droits, il est accessible à tous sur des plateformes comme l’Internet Archive – une manière de perpétuer l’esprit de révolte et de poésie de ses créateurs.

En résumé : pas de chien, mais une morsure artistique qui a marqué l’histoire du 7e art à jamais.

Luis Buñuel  en 1929
(Emmanuel Radnitzky, CC BY-SA 4.0)


Le seul mode d’inspiration surréaliste, le seul fait surréaliste acceptable, était l’image intérieure qui surgit, imprévue, absolument hors de toute influence rationaliste. C’est ce que nous avons cherché dans "Un chien andalou".

Luis Buñuel


Dali avec son ocelot, Babou, et sa canne
(source : Library of Congress)


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