Tout est parti d'une petite plante qui se fait des cheveux blancs.


Mouron des oiseaux
(André Karwath aka Aka, CC BY-SA 2.5)

Le père François, vendeur de mouron à Paris vers 1900

L’expression « se faire du mouron » remonte au 18ème siècle. Elle était très utilisée jusqu’au siècle dernier et encore maintenant par les personnes âgées. Les jeunes d'aujourd'hui lui préfèrent l'expression plus simple et plus directe « se faire des cheveux blancs » pour dire la même chose : se faire du souci, s’inquiéter.

Le mouron est en fait une plante annuelle très commune de nos régions. Selon les variantes, elle produit des petites fleurs bleues, rouges ou blanches. Le mouron à fleurs blanches est connu sous le nom de mouron des oiseaux car ses petites graines sont très prisées des oiseaux.

Autrefois, le mouron était un commerce. Ainsi à Paris il existait des « mouronniers » qui ramassaient le mouron et le revendaient dans les rues aux personnes qui voulaient nourrir leurs petits oiseaux en cage ou jeter quelques graines aux moineaux qui voltigeaient sur les pavés.

Les feuilles du mouron sont caractéristiques avec leurs poils blancs sur les bords rappelant les cheveux blancs. C’est pourquoi le mouron est devenu une façon argotique de parler de la chevelure blanche. Par extension, « ne te fais pas de mouron » était une façon imagée de dire ne te fais pas de cheveux blancs, arrête de t’inquiéter ou de te faire du soucis pour rien.

Les vertus médicinales et culinaire du mouron

Le mouron faisait partie de la pharmacopée antique. Riche en minéraux (magnésium, calcium, potassium, sélénium, etc.) et en vitamine C le mouron était reconnu pour ses vertus toniques. Il était aussi utilisé pour soigner les maladies de peau comme l’eczéma. Il était enfin apprécié pour ses qualités diurétiques et expectorantes.
Les jeunes pousses de mouron étaient parfois également utilisées, crues comme salade sauvage ou cuites pour agrémenter les potages ou les farces de légumes. Cet usage semble retrouver une certaine vogue dans la gastronomie moderne. Le mouron aurait même des effets bénéfiques dans les régimes destinés à faire perdre du poids.

j’entendais, dans la rue, la voix grêle d’une gamine qui vendait du mouron...

Émile Zola,
La Mort d’Olivier Bécaille



Histoire thématique


vendeuses de mouron, avenue des Gobelins à Paris
photo d' Eugène Atget (vers 1880)

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Commentaires

Sophie Toulemonde
il y a un mois

Très intéressant ! Merci !

Jacques marc Lebreton
il y a un mois

Très intéressant merci

AM Kloezeman
il y a un mois

Très Intéressante !