Derrière les bulles spéculatives et les krachs célèbres se cachent des vies ordinaires brutalement bouleversées. Du Mississippi au krach de 1929, les grandes faillites financières racontent aussi le quotidien de familles confrontées à la perte, à la débrouille et à la peur du déclassement, rappelant que l’histoire économique est avant tout une histoire humaine.
Commerce entre marchands Français et Amérindiens à l'embouchure du Mississippi, 1717
L’histoire des grandes faillites financières est souvent racontée à travers des chiffres vertigineux, des courbes qui plongent et des fortunes englouties en quelques jours. Mais derrière les mécanismes abstraits de la spéculation et des marchés, ce sont des vies ordinaires qui basculent. Pour comprendre l’impact réel de ces crises, il faut entrer dans les foyers, là où la faillite se traduit par l’angoisse du lendemain, la perte d’un emploi, le déclassement social.
Au début du XVIIIᵉ siècle, dans la France de la Régence, la famille Martin – petits bourgeois parisiens – place ses économies dans les actions de la Compagnie du Mississippi, fondée par John Law. Comme tant d’autres, elle est séduite par les promesses de richesse venues d’outre-Atlantique. Les cafés bruissent de récits fabuleux, les actions montent sans cesse. Lorsque la bulle éclate en 1720, l’illusion s’effondre brutalement. Les Martin ne sont pas ruinés comme certains grands spéculateurs, mais leurs économies ont disparu. Le père renonce à ses projets d’ascension sociale, la mère transforme bijoux et linge en ressources de survie. La confiance dans l’État et dans la monnaie est brisée pour longtemps.
Un siècle plus tard, le scénario se répète sous d’autres formes. En 1873, la crise financière qui frappe l’Europe et les États-Unis provoque une vague de faillites industrielles. À Vienne, Berlin ou Paris, des familles d’ouvriers et de petits employés découvrent le chômage massif. Les enfants quittent l’école pour contribuer aux revenus du foyer, les femmes multiplient les travaux à domicile. La faillite n’est plus seulement celle des banques : elle devient une expérience sociale durable.
Mais c’est le krach de 1929 qui incarne le mieux la faillite moderne. Aux États-Unis, la famille Johnson vit modestement mais confortablement à Chicago. Le père travaille dans le bâtiment, la mère tient le foyer, et une partie des économies a été placée en Bourse, comme on le conseille alors à toute la classe moyenne. Lorsque Wall Street s’effondre, l’effet est immédiat. Le père perd son emploi, les économies fondent, la maison est hypothéquée. La crise touche peu à peu de nombreux pays, en Europe et ailleurs dans le monde. Chaque journée devient une lutte : faire la queue pour une soupe populaire, réparer au lieu de remplacer, compter chaque centime.
Soupe populaire pour enfants, Sydney, 1934
(State Library of New South Wales/Picryl)
Dans ces familles frappées par la faillite, les stratégies de survie se ressemblent à travers les siècles. On réduit les dépenses, on s’entraide, on fait appel aux réseaux familiaux. Mais ces crises produisent aussi des transformations profondes. Après 1929, la détresse sociale pousse les États à intervenir davantage : assurance-chômage, politiques de relance, protection sociale. La faillite individuelle devient une question collective.
Du Mississippi au krach de 1929, les grandes faillites rappellent une vérité essentielle : les crises financières ne sont jamais abstraites. Elles s’inscrivent dans les cuisines, les chambres et les rues, bouleversant les existences ordinaires. Humaniser l’histoire économique, c’est redonner une voix à ces familles anonymes pour qui l’effondrement des marchés fut avant tout une épreuve quotidienne.
La mémoire de la folie financière est courte.
John Kenneth Galbraith
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