L'Amérique : failles intérieures

Pendant que Donald Trump harangue ses foules en rêvant d’annexer le Groenland avant d'absorber le Canada, les États-Unis s’effritent. Le pays qui a passé deux siècles à s’étendre vers l’Ouest est aujourd’hui rongé par une force plus redoutable que n’importe quelle armée étrangère : l’usure de son propre mythe.

En 1861, la guerre de Sécession a failli emporter l'Union. Aujourd'hui, les canons sont silencieux, mais la fracture est plus profonde. État par État, loi par loi, tweet par tweet, l’Amérique se désunit. La Californie rêve de Calexit, le Texas flirte avec l’autonomie, et le Midwest bricole ses propres règles sur l’avortement ou le climat. Le melting pot n'est plus qu'une mosaïque de solitudes qui refusent de se mélanger.

Trump, tel un général napoléonien égaré dans le XXIe siècle, fantasme des conquêtes alors que son campement prend l’eau. Entre des mégapoles et des déserts industriels, le fossé social est devenu un abîme. La religion, jadis ciment national, est désormais une ligne de front entre côtes laïcisées et Heartland évangélique. Les inégalités sont devenues les plus fortes de tous les pays de l'OCDE.

Le Président Trump n’est plus le garant de l’unité, mais le chef de guerre d'un camp contre l'autre. Chaque nomination à la Cour suprême est une déclaration d’ hostilités. Résultat : un Congrès paralysé et des États qui ignorent la loi fédérale dès qu'elle les indispose. L’Union n'est plus qu’un slogan sur des billets de banque dévalués par la haine.

L’impensable est déjà là. Non pas une guerre civile frontale, mais une dislocation rampante :

  • Des États refusant de financer Washington.

  • Des zones économiques déconnectées.

  • Deux blocs (progressiste et conservateur) coexistant sous un même drapeau, mais avec des Constitutions morales opposées.

L’Amérique de 2026 n’a plus les moyens de ses ambitions impériales. Elle est trop occupée à gérer ses guerres culturelles et l’effondrement de son contrat social. Le Groenland est une lubie ; le Canada, une diversion.

La fin de l’exception américaine ne sera pas un crash spectaculaire, mais une dilution lente. Chaque État devient une nation égoïste, regardant avec nostalgie le temps où le mot « Unis » signifiait encore quelque chose. Trump n’est que le dernier héraut d’un cirque qui brûle, promettant la grandeur alors que tout se rétrécit.

L’Amérique n’a plus besoin d’un empire. Elle a besoin d’un miroir.

 

 

 

 

Aurélius


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