Les duels judiciaires

Dans l'Europe médiévale,  profondément chrétienne, le duel judiciaire est  une façon de faire appel à Dieu pour juger d’une d’affaire en l’absence de preuves matérielles ou de témoin.

 

Représentation d'un combat judiciaire à Augsbourg, en 1409

Dans les sociétés franques et germaniques, soumettre un suspect à une épreuve physique, dangereuse voire potentiellement mortelle, est une façon de demander l’aide des dieux pour conclure à la culpabilité ou à l’innocence d’un accusé.

Cette pratique est reprise dans l’Europe médiévale, devenue profondément chrétienne, sous la forme d’ un combat codifié entre les parties et en présence d’arbitres : le duel judiciaire. Dans certains cas, il est possible de se faire représenter par un champion mais Otton Ier, en 967, réserve ce droit aux clercs, à la noblesse et aux veuves.

 

Pour les chrétiens, Dieu est toujours du côté de la justice et du droit. Le duel judiciaire est donc une façon de faire appel à Dieu pour juger d’une d’affaire entre deux parties, en l’absence de preuves matérielles ou de témoin. Dieu ne pouvant laisser punir un innocent, le vainqueur du combat est considéré comme étant celui désigné par Dieu pour être la personne bien-fondée des plaidants. La victoire est donc le signe du jugement de Dieu.

Les femmes comme les hommes peuvent être impliquées par cette procédure qui peut concerner des affaires sérieuses mais aussi des querelles domestiques ou des conflits de voisinage. Les armes habituelles sont alors le bouclier et le bâton, pour limiter l'effusion de sang. Dans certains cas de crimes graves, le vaincu condamné par ce « jugement de Dieu » peut cependant être supplicié après le duel.

 

Duel judiciaire entre un homme et une femme (manuscrit du XVe siècle de Hans Talhoffer)

 

Cette forme de justice reste laïque et n’implique que rarement les autorités religieuses. L’Église finira même par condamner cette pratique.

Le recours au duel judiciaire durera presque mille ans, de l’Europe carolingienne jusqu’au XVIe siècle, avant de disparaître progressivement et de laisser la place au duel d'honneur entre les XVIIe et XIXe siècle.


Qui sait si l'homme n'est pas un repris de justice divine ?

Victor Hugo


Duel judiciaire,
illustration du Miroir des Saxons, XIIIe-XIVe s.


En Italie, les armes innocente la reine   Gondeberge

Au VIe siècle, le duel judiciaire permet, au à la reine lombarde Gondeberge de se disculper d’une accusation d'infidélité conjugale.
Pour cela, Carellus, un serviteur du roi, est choisi comme champion pour soutenir l’honneur de la reine lors d’un duel avec l’accusateur, en présence du peuple.
Carellus étant sorti vainqueur, Gondeberge fut innocentée et retrouva toute sa dignité.

Gundeberge, accusée d’adultère, voit depuis la fenêtre du donjon l'heureuse issue du jugement de Dieu (gravure sur cuivre de Rafael Sadeler).

 



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